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11/05/2018 -
Mise jour épidémiologique de la rougeole pour la région des Amériques


Auteur : Claude HENGY  - Biographie et Liens d'intérêt Lu 143 fois

Dans la région des Amériques, du début de l'année au 6 mai 2018, 11 pays ont notifié 1 115  cas de rougeole, biologiquement confirmés :

. A Antigua et Barbuda :

Un cas importé du Royaume-Uni. Il s'agit d'une jeune fille non vaccinée de 19 ans qui a commencé à être exanthématique le 19 janvier. À ce jour, il n'y a pas eu d'autres cas liés à ce cas importé.

. Au Guatemala :

Un cas importé d'Allemagne. Il s'agit d'une jeune fille de 17 ans avec des antécédents de vaccination à 2 doses, qui a débuté une éruption le 17 janvier. À ce jour, il n'y a pas eu d'autres cas liés à ce cas importé.

. Au Canada et aux Etats-Unis:

Des cas confirmés de rougeole au Canada et aux États-Unis sont importés ou associés à des importations, où 70% des cas n'ont pas été vaccinés.

Les cas sont répartis dans 19 États et/ou provinces.

La proportion la plus élevée de cas a été signalée chez les enfants et les adolescents âgés de 5 à 19 ans (35 %), suivie par les adultes de 20 à 49 ans (29 %) et les nourrissons de 6 à 11 mois ( 20 %).

Les génotypes identifiés sont D8, D4 et B3.

Dans 35 cas, les antécédents de voyage ont été identifiés dans 11 pays : Australie, Inde, France, Espagne, Israël, Pakistan, Royaume-Uni, Singapour, Roumanie, Ukraine et Ouganda.

. En Argentine :

Trois cas de rougeole ont été confirmés, dont deux avec un antécédent de voyage récent en Asie.

Les cas correspondent à une enfant de 8 mois (éruption le 25 mars), une femme de 26 ans (éruption le 20 mars) et un homme de 21 ans (éruption le 11 mars).

Chez les deux adultes, les antécédents de vaccination n'ont pas pu être confirmés et l'enfant n'a pas été vaccinée car elle avait moins d'un an.

Tous sont des résidents de Buenos Aires.

Le génotype identifié dans le premier cas est D8, lignée Mvs / Osaka / JPN / 29.15.

L'enquête épidémiologique sur les contacts est en cours.

. Au Brésil :

Dans l'État d'Amazonas, 358 cas suspects ont été notifiés, dont 22 ont été biologiquement confirmés, 47 ont été exclus et les 289 autres sont toujours sous enquête.

Les 22 cas confirmés proviennent de Manaus, tous sont des citoyens brésiliens, dont 12 femmes. L'un des cas confirmés avait été récemment vacciné, deux étaient hors de la tranche d'âge recommandée pour la vaccination et un n'avait pas d'antécédents de vaccination.

Dans l'État de Roraima, 335 cas suspects ont été notifiés dont deux décès. Quatre vingt un cas ont été biologiquement confirmés, 20 exclus et 234 sont toujours sous enquête.

En ce qui concerne les 81 cas confirmés , 55 sont vénézuéliens (68 %), 24 sont brésiliens (29,6 %), un est du Guyana (1,2 %) et un est argentin (1,2 %). Sur les 55 cas vénézuéliens, 29 sont indigènes. Les 2 décès dus à la rougeole correspondent aux enfants vénézuéliens de la municipalité de Boa Vista.

L'âge des cas varie de moins de 6 mois à 30 ans, dont 55 femmes. Neuf des cas confirmés ont été vaccinés (6 pendant les actions de blocage ou d'intensification et 3 précédemment).

Quatre personne ont été hospitalisés.

. En Colombie :

  • Du 12 mars au 6 mai, 21 cas biologiquement confirmés de rougeole ont été notifiés.
  • L'âge varie de 10 mois à 26 ans, dont 5 femmes.
  • Quatorze des 21 cas ont été importés du Venezuela, (6 cas de transmission secondaire,  et 1 cas lié à l'importation).
  • Aucun décès n'est enregistré.

La confirmation en laboratoire de tous les cas a été réalisée par l'Institut national de la santé à travers la détection d'anticorps IgM anti-rougeole dans le sérum et par réaction de polymérisation en chaîne avec transcription inverse (RT-PCR) dans l'écouvillon pharyngé et dans un échantillon d'urine.

Le génotype du virus est J8, lignée MV / Hulu Langat.MYS / 26.11, identique à celui identifié au Venezuela en 2017.

. En Equateur :

Du 26 mars au 22 avril, 3 cas de rougeole, biologiquement confirmés, ont été notifiés.

Les cas correspondent à un enfant de 5 ans, 1 enfant de moins de 4 mois résidant à Quito, et un homme de 44 ans originaire du Venezuela.

L'enfant de moins de 4 mois a fréquenté un établissement de santé en même temps que le premier cas confirmé. Le troisième cas est entré en Equateur le 9 avril.

. Au Mexique :

Quatre cas de rougeole importés ont été notifiés.

Le premier cas correspond à une femme de 38 ans de Tijuana, en Basse-Californie, qui a été en contact avec un cas confirmé de rougeole identifié lors d'un vol international. Les 3 autres cas de rougeole ont été confirmés à Mexico. Ces cas sont liés les uns aux autres et correspondent à une femme de 39 ans, son fils de 1 an et le soignant du mineur, de 48 ans.

Le génotype identifié dans le premier cas est B3.

. Au Pérou :

Deux cas de rougeole ont été confirmés chez des résidents péruviens qui n'avaient pas quitté le pays.

Deux hommes de 46 et 16 ans ont présenté une éruption cutanée en février. Aucun cas importé ou lié à un autre cas importé qui pourrait être à l'origine de la contagion des cas confirmés n'a été identifié.

. Au Venezuela :

Depuis la confirmation du premier cas de rougeole en 2017, 1 631 cas de rougeole dont deux décès liés, (727 en 2017 et 904 en 2018) ont été notifiés.

La plupart des cas proviennent de l'État de Bolívar, suivi du district de la capitale. 11 autres États ont notifié des cas.

. Rappels sur la rougeole.

La rougeole, maladie très contagieuse, reste une cause importante de décès chez les jeunes enfants dans le monde, en dépit de la disponibilité d'un vaccin efficace. Elle est causée par le virus de la rougeole, qui appartient au genre Morbillivirus, de la famille des Paramyxovirus. Le virus est transmis par contact direct et par l'air, infectant les muqueuses puis se propageant à tout l'organisme. La rougeole est une maladie strictement humaine, sans réservoir animal.

Bien que généralement bénigne, la rougeole peut occasionner de graves complications, telles que des encéphalites et des pneumonies, et peut dans de rares cas être mortelle en Europe (la mortalité étant beaucoup plus élevée en Afrique intertropicale). Une protection proche de 100 % est obtenue après deux doses d'un vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole.

Le premier signe de l'infection par le virus de la rougeole est en général une forte fièvre, qui apparaît environ 10 à 12 jours après l'exposition et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L'éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou. En trois jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l'observe en moyenne 14 jours après l'exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

La plupart des décès sont dus aux complications de la maladie. Celles-ci sont plus fréquentes avant l'âge de 5 ans ou chez l'adulte de plus de 20 ans. Parmi les complications les plus graves, on observe des cécités, des encéphalites, des diarrhées importantes (susceptibles d'entraîner une déshydratation), des otites et des infections respiratoires graves comme la pneumonie.

En France, la vaccination contre la rougeole, désormais obligatoire pour tout nourrisson né depuis le 1er janvier 2018, nécessite l'administration de deux doses d'un vaccin trivalent ROR (rougeole-oreillons-rubéole) : une première dose à l'âge de 12 mois et une seconde dose entre 16 et 18 mois. Afin d'étendre la protection, toute personne née depuis 1980 devrait aussi avoir reçu deux doses de vaccin.

La vaccination des voyageurs contribue à éviter la transmission ou la dissémination de la maladie dans d'autres pays.

Pour savoir si la vaccination contre la rougeole est recommandée dans sa situation et pour savoir si elle est bien protégée, toute personne peut créer pour elle-même ou ses enfants un carnet de vaccination électronique (CVE) sur le site MesVaccins.net. Le CVE intègre un système expert précis et exhaustif. Il est disponible sur ordinateur de bureau ou sur smartphone (interface mobile, applications iPhone et Android). Grâce à l'Union régionale des professionnels de santé médecins libéraux de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les professionnels de santé disposent également depuis peu d'une application mobile leur permettant d'accéder à un diagnostic vaccinal personnalisé et de valider les CVE des patients.

Source : Promed.

Lien : http://www.promedmail.org/direct.php?id=20180508.5790205

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