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02/01/2019 -
Situation de la schistosomose aux Philippines en 2018


Auteur : Ludovic DE GENTILE  - Biographie et Liens d'intérêt Lu 360 fois

Aux Philippines, en décembre 2018, les autorités sanitaires ont notifié une épidémie de schistosomose (synonyme Schistosomiase, bilharziose) humaine dans la commune de Baybay (province de Leyte).

Durant les deux derniers mois de l'année, 57 cas cliniquement patents ont ainsi été rapportés dans la commune de Baybay, le taux d'attaque a été évalué à 22 % alors qu'aucun cas de schistosomose n'avait été rapporté dans cette zone depuis au moins 10 ans. L'émergence de cette parasitose dont le stade larvaire se retrouve chez un mollusque d'eau douce semble avoir été favorisée par les mouvements importants de personnes entre cette région de fermes et les zones endémiques pour la schistosomose dans la grande province de Leyte.

En effet, la province de Leyte, 25 districts sont endémiques pour la schistosomose : Abuyog, Alangalang, Albuera, Babatngon, Barugo, Burauen, Carigara, Dagami, Dulag, La Paz, MacArthur, Matag-ob, Mayorga, Palo, Mayorga, Palo, Pastrana, San Miguel, Santa Fe, Tabontabon, Tacloban, Tanauan, Tolosa,  Tunga, Villaba.

Quatre provinces de la région 7 des Visayas orientales sont déclarées hautement endémique pour la schistosomose : Leyte, Samar · Samar du Nord · Samar oriental, sur le plan national, la schistosomose est présente dans tout le sud de l'Archipel.

Il s'agit de cas de schistosomose à Schistosoma japonicum dont l'hôte intermédiaire aux Philippines est un mollusque du genre Oncomelania (Oncomelania hupensis). Il s'agit d'un schistosome présentant un cycle zoonotique passant principalement chez le buffle rendant illusoire le contrôle de la maladie par le seul traitement de l'homme avec du Praziquantel.

Chez l'homme, les signes cliniques sont assez marqués, la dermatite cercarienne est fréquente, traduisant la pénétration des cercaires juste après le contact infectant, la migration larvaire est à l'origine d'une fièvre, de toux, de douleurs abdominales et de céphalées souvent associées à une hyperéosinophilie sanguine. 

La phase aigue correspond au tableau clinique de la fièvre de Katayama décrit justement aux Philippines durant la seconde guerre mondiale. Elle associe une fièvre souvent mal tolérée, des douleurs musculaires, une toux, des adénopathies multiples et une hépatomégalie, une splénomégalie est observée dans 1/3 des cas. On observe fréquemment une diarrhée, voire un syndrome dysentérique. De façon plus rare mais classique, (environ 10 % des cas) dans ce tableau protéiforme, on retrouve des signes de méningoencéphalite.

La phase chronique traduit les lésions de fibrose générée par les oeufs embolisés dans les différents tissus. La schistosomose à Schistosoma japonicum était décrite autrefois comme « la schistosomose artério-veineuse » expression reflétant bien la multiplicité des organes touchés par cette parasitose. L'atteinte la plus fréquente reste l'atteinte hépatique dont l'évolution rapide se fait ver une fibrose dissociant le parenchyme hépatique et responsable d'une hypertension portale pré sinusoïdale.

La région touchée, Visayas orientales, est une des régions les plus pauvres de l'archipel des Philippines, un accueil de tourisme solidaire des circuits d'écotourisme ont été développés. Pour le voyageur, la prévention de la schistosomose repose sur l'absence de contact avec l'eau douce dans cette région (baignade de loisirs par exemple), au retour, en cas de problème de fièvre, d'hyperéosinophilie sanguine ou de quelques signes que ce soit, rappeler le séjour aux Philippines et l'éventualité d'une contamination par contact avec l‘eau douce.

Sources : Promed ; Philippines News Agency ; International Journal of Infectious Diseases.

Lien : https://doi.org/10.1016/j.ijid.2013.09.011


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