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12/01/2022 -
Cas de psittacose signalés dans la province de La Pampa en Argentine


Auteur : Jacques MORVAN  - Biographie et Liens d'intérêt Lu 76 fois

En Argentine, la Direction d'épidémiologie de la province de La Pampa a émis une alerte sanitaire en raison de la détection de 3 cas suspects de psittacose à General Pico, commune située à 135 km au nord de Santa Rosa. Les patients étaient hospitalisés.

Les autorités recommandent aux personnes ayant été en contact avec des oiseaux et présentent des symptômes, de consulter le centre de santé le plus proche. De plus, il est conseillé  de ne pas acheter d'oiseaux chez des vendeurs de rue ou via les réseaux sociaux, de ne pas capturer d'oiseaux sauvages.

Rappel sur la psittacose :

La psittacose est une maladie infectieuse bactérienne zoonotique causée par une bactérie Gram négatif intracellulaire obligatoire, Chlamydia psittaci.

 Les oiseaux constituent le principal réservoir de cette bactérie qui a été isolée  chez 467 espèces aviaires dont les oiseaux de l'ordre des Psittacidés (perruches, perroquets, loris, cacatoès et perruches), les animaux de basse-cour et d’élevage (dindes, canards, oies, etc.) et les pigeons. La maladie est souvent manifeste chez les Psittacidés et presque toujours inapparente chez les volailles. C. psittaci est excrétée principalement dans les fientes et les sécrétions oculaires et nasales des volatiles infectés. 

La transmission chez l’homme se fait par inhalation d’aérosols et de poussières contaminés par des fientes ou par contacts rapprochés avec des fientes ou sécrétions d’oiseaux infectés. La transmission interhumaine est possible mais très rare. C. psittaci est sensible à la chaleur et aux désinfectants classiques, et résistante aux basses températures et à la dessiccation. Elle peut survivre plusieurs mois dans les fientes ou des sécrétions nasales desséchées.

Épidémiologie : La psittacose peut toucher n'importe quel groupe d'âge et n'importe quel sexe, mais l'incidence tend à culminer à l'âge moyen, avec une fourchette d'âge de 35 à 55 ans. C'est une infection rare très probablement sous-déclarée. Elle peut sévir sur un mode épidémique en particulier chez les professionnels qui travaillent en présence d'oiseaux infectés ou de leur environnement souillé (litières, locaux d'élevage, véhicules de transport…). Il s’agit notamment d’éleveurs, de ramasseurs de volailles, de vétérinaires, du personnel des animaleries et des parcs zoologiques, des salariés des abattoirs, mais aussi des salariés des équarrissages, des laboratoires d'analyses vétérinaires, des taxidermistes...

Clinique : L’incubation de la psittacose varie de 5 à 15 jours. La présentation clinique va d’une infection asymptomatique à une infection potentiellement létale. En cas de symptômes, les manifestations systémiques prédominent (fièvre élevée, frissons, céphalées intenses, myalgies, troubles de la conscience) avec, le plus fréquemment, un tableau de pneumopathie atypique de début brutal ou progressif parfois sévère. La psittacose peut affecter plusieurs organes se traduisant alors par des atteintes du système nerveux central, des atteintes cardiaques (endocardite, myocardite), des atteintes rénales, digestives et/ou rhumatologiques. Sur le plan biologique, on a pu observer une leucopénie, une anémie hémolytique, des anomalies de la fonction hépatique et un syndrome inflammatoire biologique. La radiographie pulmonaire est anormale chez 80 à 90 % des patients hospitalisés. La maladie évolue en général sur 10 à 14 jours avec une létalité de 10 à 20% sans traitement, qui est inférieure à 1% avec antibiothérapie adéquate et précoce.

Le diagnostic biologique permet de confirmer l’infection chez les personnes présentant des manifestations cliniques. Il repose sur la détection de C. psittaci par culture dans des échantillons respiratoires, ou ; la détection d’acide nucléique de C. psittaci par PCR dans un échantillon respiratoire, le sang, le sérum ou le plasma. Les tests sérologiques (recherche d’anticorps) permettent le diagnostic quand on met en évidence  une augmentation de quatre fois ou plus du titre d’anticorps contre C. psittaci entre la phase aiguë et la phase de convalescence, recueilli à au moins 2 semaines d'intervalle. Cette dernière approche expose à un risque de réaction croisée avec les autres espèces de Chlamydia et exige deux prélèvements.

Le traitement de référence repose sur la doxycycline. En cas de grossesse et chez les patients pour lesquels la doxycycline est contre-indiquée, le traitement reposera sur un macrolide (azithromycine ou érythromycine).

Il n’y a pas de vaccin vis-à-vis de la psittacose. La prévention de l’infection repose sur les bonnes pratiques d’hygiène d’élevage, un ensemble de mesures de biosécurité et des mesures préventives spécifiques afin de ne pas « aérosoliser » les fientes d’oiseaux pouvant contenir la bactérie.

En France, la psittacose est inscrite au tableau des maladies professionnelles sous certaines conditions. Par contre cette infection n’est pas à déclaration obligatoire.

Références : (1) Chu J., Siva Naga S. Yarrarapu S.N.S, Muhammad I. Durrani M.I. Psittacosis (dernière mise à jour 25 août 2021). (2) Institut de santé belge Sciensano. Psittacose (version de juillet 2016)

Source : Outbreak News Today.

Lien : http://outbreaknewstoday.com/argentina-health-alert-psittacosis-in-general-...


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