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11/09/2022 -
Deux cas de leptosiprose chez des travailleurs agricoles en Italie


Auteur : Patrick GEROME  - Biographie et Liens d'intérêt Lu 366 fois

En Italie, deux cas de leptospirose ont été constatés à l'hôpital d'Eboli, dans la région de Campanie, dans le sud de l'Italie, dans la province de Salerne. Il s'agit de 2 travailleurs étrangers qui travaillent dans des élevages de buffles dans la Piana del Sele.

Rappels sur la leptospirose

Les leptospiroses sont des zoonoses dues à des bactéries pathogènes du genre Leptospira et de l'espèce Leptospira interrogans. Les leptospires sont classés en sérovars et en sérogroupes.

C’est une maladie ubiquitaire, plus fréquentes en zone tropicale comme les collectivités d’Outre-mer françaises ou de nombreux pays d’Amérique Latine, d’Asie du Sud-Est et du Pacifique.

Les principaux réservoirs des leptospires sont les rongeurs (rats, souris) qui sont asymptomatiques et excrètent la bactérie dans les urines, et souillent ainsi leur milieu. Les mammifères sont un réservoir occasionnel (chiens, les animaux d’élevage…). L’homme est un hôte accidentel. Les leptospires se maintiennent assez facilement dans le milieu extérieur (eau douce, sols boueux), ce qui favorise la contamination.

Chez l’homme, la transmission est le plus souvent indirecte, les leptospires présentent dans l’eau pénètrent dans l’organisme par des plaies, des érosions cutanées ou muqueuses, par la conjonctive,  ou par inhalation de gouttelettes. La transmission peut être directe par simple contact avec des animaux infectés ou par morsure (notamment morsure de rat). La saisonnalité de la maladie est très marquée, avec une recrudescence lors de la saison des pluies, en temps d’inondation ou de cyclone,  dans les régions tropicales ou pendant la période estivo-automnale dans les pays tempérés.

Le contact avec un environnement contaminé par des urines d’animaux, en particulier l’eau douce, stagnante ou vive constitue une situation à risque. Il peut s’agir d’activités de loisirs (baignade, pêche, canyoning, canoë-kayak, rafting, autres sports de nature) ou professionnelles (égoutiers, employés de stations d’épuration, d’entretien de canaux, berges, voies navigables et voieries, pisciculture). D’autres activités et métiers à risque favorisent les contacts directs avec les urines d’animaux contaminés : chasse, accueil, élevage, d’animaux de compagnie, notamment s’il s’agit de rongeurs, surveillance des espaces naturels, travail en animalerie, médecine vétérinaire, travail en abattoir, agriculture...). Dans les pays en voie de développement la proximité des déchets et la mauvaise gestion des eaux usées, ainsi que la promiscuité entre rongeurs et populations humaines constituent des facteurs de risque.

La durée d’incubation moyenne est de dix jours (cinq à vingt jours).  Les signes de la maladie sont très variables. L’infection est souvent asymptomatique. La leptospirose peut prendre l'aspect d'une grippe bénigne (fièvre élevée avec frissons, maux de tête, douleurs musculaires et douleurs articulaires diffuses) mais elle peut aussi entraîner des atteintes graves des reins, du foie, des méninges ou des poumons. Une fois sur cinq, des signes d'hémorragie compliquent la maladie. La forme grave dite "ictéro-hémorragique" associe une insuffisance rénale aiguë, une atteinte neurologique (convulsions, coma) et des hémorragies. Aucun signe n’est vraiment spécifique, mais l’existence d’un ictère conjonctival (coloration jaune de la muqueuse de l'œil) et de douleurs musculaires doit faire penser à la maladie. La convalescence est longue, mais généralement sans séquelles. Des complications oculaires peuvent survenir longtemps après le début de la maladie.

Le diagnostic est réalisé par détection du génome de la bactérie dans le sang et dans les urines du patient dans les 10 jours qui suivent l’apparition des symptômes, à l'aide d'une technique appelée amplification génique. Au-delà le diagnostic repose exclusivement sur la recherche d’anticorps dans le sang (sérologie).

Le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques le plus précocement possible. Une hospitalisation peut être nécessaire, parfois en réanimation.

Prévention individuelle

Protection contre la contamination par les urines d’animaux

  • Éviter de se baigner en eau douce, particulièrement lorsqu'on est porteur de plaies, et lorsque l'eau est trouble ou boueuse ;
  • Éviter tout contact avec l'eau, du nez, de la bouche et des yeux ;
  • Éviter de marcher pieds-nus ou en sandales ouvertes sur un sol boueux, dans les flaques, eaux stagnantes, ravines (en particulier dans les départements ultra marins) ;
  • Éviter de se baigner en eau douce lorsqu’on est porteur de plaies ;
  • S’équiper en cas d’activité(s) à risque : gants, bottes, cuissardes ; combinaisons ou vêtements de protection ; lunettes anti-projections, si nécessaire.
  • En cas de plaie : IL FAUT laver abondamment à l’eau potable et au savon ; désinfecter avec un antiseptique ; protéger la plaie avec un pansement imperméable, et IL NE FAUT PAS rincer avec une eau non potable, même limpide.

Signaler à son médecin la notion de baignade dans les deux semaines précédentes en cas de fièvre.

La vaccination n’est recommandée que dans certaines indications restreintes, posées au cas par cas, notamment dans le cadre de la médecine du travail et en prenant en compte les risques environnementaux et individuels. Ce vaccin ne protège que contre la Leptospira interrogans. La vaccination :

  • est recommandée dans le cadre d’une activité professionnelle exercée durablement et/ou en permanence ou régulièrement en milieu à risque ;
  • peut être proposée dans le cadre de la pratique régulière et durable d’une activité de loisir exposant spécifiquement au risque ;
  • son indication doit être posée par le médecin au cas par cas après évaluation individuelle du risque ;
  • elle ne dispense en aucun cas du port d’équipements de protection.

Source : ProMED

Lien : https://promedmail.org/

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