Foyer épidémique d'infection à virus chikungunya en Républiqe du Congo

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En République du Congo, le 9 janvier 2019, les autorités sanitaires ont notifié à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) un foyer épidémique d'infection à virus chikungunya, dans le département du Kouilou et le département du Pool.
Les premiers cas ont été identifiés le 7 janvier et les symptômes ont débuté le 3 janvier.

Des enquêtes entomologiques effectuées du 27 janvier au 2 février ont permis d'identifier des moustiques Aedes albopictus, espèce vectrice du virus.

Au 13 février, on comptait au total 1 691 cas suspects, dont 12 ont été biologiquement confirmés par le laboratoire de l'Institut national de recherche biologique (INRB) en République Démocratique du Congo le 5 février.
Les cas biologiquement confirmés ont présenté les symptômes :

  • douleurs articulaires aiguës (100 %) ;
  • maux de tête (100 %) ;
  • épisode fébrile d'apparition soudaine (89 %) ;
  • asthénie (33 %) ;
  • éruption cutanée (22 %).

La majorité des cas concerne des personnes âgées :

  • de 5 à 10 ans (31 %) ;
  • de 20 à 39 ans (25 %) ;
  • de 40 à 59 ans (15 %) ;
  • de 15 à 19 ans (11 %).

L'âge moyen est de 27 ans.
Le sex-ratio hommes / femmes est de 0,91 pour les cas suspects et de 3,0 pour les cas confirmés.
Le 13 février, 40 nouveaux cas suspects ont été notifiés. La majorité des cas ont été signalés à Diosso, dans le département du Kouilou. Des cas ont également été signalés dans le département du Pool.

Action de santé publique

  • Des activités de coordination centralisées, ainsi que des partenaires, sont en cours, avec des rapports de situation produits au niveau départemental.
  • Les informations sur les cas sont en cours de collecte, la liste des candidats notifiés et la cartographie de tous les cas notifiés sont en cours, et des activités de réponse sont en cours dans le département du Kouilou.
  • Des lignes téléphoniques sont en cours d'établissement pour la notification des alertes dans les établissements de santé et les localités touchées par l'épidémie.
  • Une recherche active de cas est en cours, avec une formation du personnel sanitaire dans les centres de santé.
  • Du matériel de prévention et de contrôle des infections et des médicaments sont fournis.
  • Des pharmacies ont été installées dans les centres de santé. La gestion des déchets biomédicaux est en train d'être renforcée, des lieux publics sont pulvérisés et désinfectés et des sites de reproduction de moustiques sont en cours de destruction.
  • Les messages de sensibilisation du public s'intensifient, en particulier autour de la lutte antivectorielle.

Évaluation de la situation

Il s'agit de la première épidémie de chikungunya en République du Congo depuis l'épidémie à Brazzaville en 2011, contrôlée rapidement et efficacement.
Des actions similaires dans les domaines de la lutte antivectorielle, ainsi que de la communication pour encourager l'engagement de la communauté et la participation ont lieu.
Les autorités et les partenaires doivent continuer à prendre des mesures de santé publique intenses et éprouvées afin de maîtriser rapidement cette éclosion.

Rappel sur le virus Chikungunya :

Le chikungunya est une maladie virale transmise par des moustiques décrite pour la première fois à l'occasion d'une flambée dans le sud de la Tanzanie en 1952. Le virus responsable est arbovirus ((virus transmis par les arthropodes), un Alphavirusde la famille des Togaviridae. Il est transmis d'un être humain à l'autre par les piqûres de moustiques femelles infectées. Les moustiques incriminés sont le plus souvent Aedes aegyptiet Aedes albopictus, susceptibles de piquer pendant la journée, bien que leur activité maximale se situe surtout tôt le matin et en fin d'après-midi. Les deux espèces piquent à l'extérieur, mais_Ae. aegypti_le fait aussi volontiers à l'intérieur des bâtiments.

La maladie se manifeste généralement entre quatre et huit jours après la piqure par un moustique infecté. Elle est fortement invalidante et se caractérise par l'apparition brutale de fièvre souvent accompagnée de douleurs articulaires intenses concernant principalement les petites ceintures articulaires (poignets, doigts, chevilles, pieds), de douleurs musculaires et de céphalées. La plupart des patients se rétablissent complètement, mais dans certains cas l'arthralgie peut persister pendant plusieurs mois ou même plusieurs années. On a signalé des cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques, ainsi que des douleurs gastro-intestinales. Les personnes les plus à risque sont les malades chroniques, les enfants en bas âge et les femmes enceintes. Rarement, surtout chez les enfants, elle peut causer une méningite. La prise en charge médicale est purement symptomatique, reposant sur des traitements antidouleurs et anti-inflammatoires.

Conseils aux voyageurs

Aucun vaccin n'est disponible contre le chikungunya.

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • de réduire le temps passé à l'extérieur pendant les heures de pointe du moustique (entre le crépuscule et l'aube) ;
  • de porter des vêtements de couleur claire avec des manches longues, pantalons et chaussettes dans les zones où les moustiques sont présents ;
  • de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant un insectifuge contenant du DEET ;
  • de nettoyer les gouttières et vider régulièrement les bains d'oiseaux et autres objets susceptibles de recueillir de l'eau ;
  • de s'assurer que les barils de pluie sont recouverts de moustiquaires ou qu'ils sont étroitement scellés autour du tuyau de descente des eaux de pluiesd' ;
  • d'améliorer l'aménagement paysager pour empêcher l'eau stagnante autour de la maison.

Les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus** dengue, chikungunya ou Zika sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour de voyage, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.**

Source : Organisation mondiale de la santé.

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